Baie de Phang Nga : c’est la coque qui fait la journée
Au nord-est de Phuket, des centaines de pitons calcaires sortent de l’eau. Tout le monde va voir les mêmes. Ce qui change vraiment d’une sortie à l’autre, c’est ce sur quoi tu es assis : longtail, bateau rapide ou kayak ne racontent pas la même baie.

Trois embarcations, trois journées différentes
Ailleurs, on choisit d’abord une île. Ici, on choisit d’abord un bateau : sous les pitons il y a des tunnels, des voûtes et des chenaux, et chaque coque s’arrête à un endroit précis de ce labyrinthe.
Le longtail, la baie par l’intérieur
Le bateau thaïlandais à moteur déporté, avec son hélice au bout d’un long arbre qu’on relève d’un geste. Faible tirant d’eau, coque étroite : il se glisse sous les surplombs, franchit les tunnels quand la marée le laisse passer, remonte les chenaux de mangrove où aucune grosse coque n’ira jamais. Il est lent. Le moteur est nu, au-dessus de l’eau, et il s’entend. C’est aussi comme ça qu’on navigue ici depuis bien avant les excursions, et c’est la formule qui donne le plus le sentiment d’être dedans plutôt qu’à côté.
Le bateau rapide, la baie en largeur
Il avale la distance depuis Phuket et enchaîne plus de mouillages dans la journée : les pitons du sud, Khao Phing Kan, Koh Panyee, une plage au retour. En contrepartie, il travaille à l’extérieur. Tirant d’eau, largeur : il n’entre pas sous la roche. Sur un séjour court, c’est le format qui remplit le mieux les heures.
Le kayak de mer, la seule clé des hongs
Un canoë gonflable mis à l’eau au pied d’une falaise, un guide qui pagaie, deux passagers à bord. On approche une fissure qui ne ressemble à rien, on s’allonge au fond du canoë le temps d’un tunnel noir, et on ressort dans une pièce à ciel ouvert cernée de murs verticaux. C’est la seule façon d’entrer dans un hong.
Beaucoup de journées combinent d’ailleurs deux de ces coques : un bateau qui fait la route, des canoës mis à l’eau sur place. La question n’est donc pas « lequel est le meilleur », mais « qu’est-ce que tu veux avoir vu ce soir-là ».
La marée ouvre les hongs, puis elle les referme
Un hong, c’est une pièce. Le mot veut dire exactement ça en thaï. Un lagon intérieur ouvert sur le ciel mais fermé par la roche au niveau de l’eau, dans lequel on ne rentre que par un tunnel bas, et seulement pendant une partie de la journée.
Le mécanisme n’a rien de mystérieux. Le tunnel a une hauteur fixe, la mer non : les tables de marée de Phang Nga vont d’environ 2,9 m à quelques centimètres sous le zéro, près de 2,7 m d’écart en vives-eaux. L’eau monte, le passage disparaît sous la voûte. Elle descend trop, il n’y a plus assez d’eau pour porter la coque. Entre les deux, une fenêtre.
Cette fenêtre se décale d’environ cinquante minutes par jour, et elle ne tombe pas au même moment pour tous les sites : les tunnels n’ont pas la même hauteur sous plafond. Koh Panak est percée de plusieurs cavités, dont Tham Lod, la grotte aux chauves-souris. Koh Hong ouvre sur un lagon intérieur colonisé par les palétuviers. Deux sites, deux créneaux.
Ça demande donc d’avoir ouvert l’annuaire des marées avant de construire la journée. Un quart d’heure de travail, et c’est pourtant ce qui sépare une sortie où l’on entre partout d’une sortie où l’on passe devant. Personne ne décale la marée. On décale le programme autour.
Ce que cette baie était avant d’être une baie
Le calcaire de Phang Nga a commencé sa carrière en récif, à l’époque permienne. La tectonique l’a soulevé, la mer est remontée, la pluie et le sel ont fait le reste. Ce qu’on longe en bateau, ce sont les restes d’un récif mis debout.
Ça explique deux choses qu’on remarque tout de suite. La verticalité d’abord : le calcaire se dissout par les fractures, il s’use en falaises droites et en aiguilles plutôt qu’en pentes douces. Les grottes ensuite, et donc les hongs. Une cavité se creuse au cœur du massif, son plafond finit par tomber, il reste une cour à ciel ouvert entourée de murailles. Un hong n’est pas un lagon : c’est une grotte sans toit.
Le décret royal qui crée le parc national d’Ao Phang Nga date du 29 avril 1981. Environ 400 km² de mer, d’îles et de mangrove, classés zone humide d’importance internationale au titre de la convention de Ramsar, inscrits parmi les parcs du patrimoine de l’ASEAN, et entrés en 2021 sur la liste indicative de l’UNESCO.
Un chiffre en dit plus long que le reste : à peu près 210 km² de mangrove, la plus grande étendue encore debout en Thaïlande. D’où les oiseaux, près de 180 espèces recensées, et d’où l’eau verte plutôt que turquoise : ce sont les sédiments retenus par la mangrove qui nourrissent tout le reste.
Comme dans tout parc national thaïlandais, un droit d’entrée est collecté sur place par les rangers. Autant le savoir avant de débarquer.

Koh Tapu : on ne l’approche plus, et c’est ce qui le tient debout
L’île de James Bond porte en réalité deux noms. Khao Phing Kan, « les collines qui s’appuient l’une sur l’autre », c’est celle où l’on débarque. Koh Tapu, l’aiguille plantée dans l’eau juste à côté, c’est celle des affiches.
Le rocher mesure une vingtaine de mètres et repose sur une base bien plus étroite que son sommet. Sa silhouette a fait le tour du monde en 1974 avec « L’Homme au pistolet d’or », et pendant deux décennies les bateaux sont venus tourner autour au ralenti. Le batillage a fini par attaquer le pied de l’aiguille. Depuis 1998, les bateaux de tourisme n’ont plus le droit de s’en approcher, et le rocher est toujours là.
Ce qui se fait, donc : on accoste sur la plage de Khao Phing Kan, cette langue de sable coincée entre les deux masses calcaires, et on regarde Koh Tapu depuis là. Des chaussures qui ne craignent pas l’eau valent mieux que des tongs qui glissent.
C’est l’escale la plus fréquentée de la baie, et ça se pilote. La marée fixe le créneau des grottes, donc elle fixe le reste : on place Khao Phing Kan à l’autre bout de la journée et on parcourt la baie dans le sens qui croise la flotte au lieu de la suivre. Même programme, autre ambiance.
Koh Panyee, un village posé sur l’eau depuis deux siècles
Adossé à une falaise, bâti entièrement sur pilotis, relié par des passerelles de bois et de béton : environ 1 600 personnes y vivent, réparties en quelque 360 familles. C’est un village habité, avec sa mosquée, son école et ses commerces, pas une escale décorative.
L’histoire tient en une contrainte juridique. Il y a environ deux cents ans, des pêcheurs musulmans venus du monde malais s’installent dans la baie, et la loi de l’époque ne leur permet pas de posséder la terre. Ils bâtissent donc au-dessus de l’eau, contre le rocher, sur des pieux. Leurs descendants forment aujourd’hui presque tout le village.
Il y a aussi ce terrain de football flottant, dont la photo circule plus que le nom du village. En 1986, des adolescents veulent jouer après avoir suivi la Coupe du monde à la télévision. Pas un mètre carré de plat sur l’île. Ils assemblent des planches et de vieux radeaux de pêche, posent leur terrain sur l’eau, et l’équipe finira par ramener des titres du continent.
C’est l’arrêt déjeuner de la plupart des sorties. Deux réflexes suffisent : épaules et genoux couverts, et on demande avant de photographier les gens chez eux.
Praticable toute l’année, y compris quand le large ferme
Aucune fermeture saisonnière ici. Le parc d’Ao Phang Nga reçoit du public douze mois sur douze, là où le parc de Mu Ko Similan, plus au nord et en pleine mer, ferme du 15 mai au 15 octobre.
La géographie suffit à l’expliquer. Une houle a besoin de fond et de distance pour se former, et elle ne trouve ni l’un ni l’autre dans une baie fermée par des centaines de pitons. Ce qui arrive du large se casse avant d’entrer, si bien que la baie reste navigable une bonne partie de la saison verte.
Second avantage, moins évident : une journée masque et tuba dépend de la visibilité sous l’eau, donc de la pluie de la veille. Ici, ce qu’on vient voir est au-dessus de la surface. Beaucoup trouvent même la baie plus belle en saison verte, quand les pitons entrent et sortent des nuages.
D’où son rôle dans un séjour : la sortie de repli quand la mer se lève sur les archipels du large, et un très bon premier jour pour prendre la mesure du décor.
Ce qu’une équipe francophone installée ici change à cette sortie
Réserver une journée dans la baie n’a rien de compliqué, tous les comptoirs de l’île en vendent. Ce qui est rare, c’est quelqu’un qui a regardé la marée de tes dates avant de te proposer quoi que ce soit, et qui te répond dans ta langue quand ça bouge.
Les agences de la région le disent elles-mêmes : un guide francophone se réserve deux à trois mois à l’avance, et il en manque en haute saison. Contrainte d’offre, pas argument de vente. On la contourne en vivant ici à l’année.
La méthode est bête comme chou. On prend tes dates, on lit les hauteurs d’eau jour par jour, on repère celle où la fenêtre des grottes tombe au bon moment, et c’est ce jour-là qu’on te propose pour la baie. Ensuite seulement vient le choix de la coque, selon qui voyage et ce que vous voulez voir. Le programme se construit dans cet ordre, jamais dans l’autre.
Et si la météo change la veille, tu l’apprends la veille, en français. Une journée bateau se déplace facilement. Une semaine de vacances, beaucoup moins.
Questions fréquentes sur la baie de Phang Nga
- Longtail ou speedboat pour la baie de Phang Nga ?
- Les deux vont au même endroit et n'en rapportent pas la même chose. Le longtail a un faible tirant d'eau et une hélice au bout d'un arbre relevable : il entre sous les pitons, franchit les tunnels quand la hauteur d'eau le permet, remonte les chenaux de mangrove. Le speedboat traverse vite et enchaîne plus de mouillages, mais il reste à l'extérieur des cavités. Un séjour court où l'on veut voir large penche vers le speedboat ; une journée pour les grottes, vers le longtail.
- Peut-on entrer dans les hongs à n'importe quelle heure ?
- Non, et c'est ce qui rend la baie intéressante à organiser. Un hong est un lagon intérieur fermé par la roche : on y entre par un tunnel bas, donc par une fenêtre de marée. Eau haute, le passage se referme sous la voûte ; eau très basse, il n'y a plus assez d'eau sous la coque. Cette fenêtre se décale d'environ cinquante minutes par jour et ne tombe pas au même moment pour tous les sites.
- Peut-on monter sur le rocher de l'île de James Bond ?
- Le rocher, non. Koh Tapu est une aiguille calcaire d'une vingtaine de mètres dont la base s'érodait sous l'effet du batillage, et depuis 1998 les bateaux de tourisme n'ont plus le droit de s'en approcher. Ce qui se visite, c'est Khao Phing Kan, l'île voisine : on accoste sur la langue de sable coincée entre les deux masses calcaires, et c'est de cette plage que se prend la photo.
- La baie se visite-t-elle pendant la saison des pluies ?
- Oui, toute l'année. Le parc national d'Ao Phang Nga ne connaît pas de fermeture saisonnière, contrairement au parc de Mu Ko Similan qui ferme du 15 mai au 15 octobre. La baie est refermée par des centaines de pitons et bordée de mangrove : la houle du large y arrive très amortie. Et ce qu'on vient voir, la roche, les grottes, le village, tient sous un ciel gris comme sous un ciel bleu.
- Faut-il savoir pagayer pour faire les grottes en kayak ?
- Pas dans la formule la plus courante : un guide pagaie le canoë gonflable et tu es passager, à deux par embarcation. Les passages bas se franchissent allongé au fond, le temps de quelques mètres. C'est faisable avec des enfants et sans aucune expérience. Dis-nous qui voyage avec toi, âges compris : ça change le site visé et le moment de la journée.
On part de tes dates et de ton groupe
Ta période, le nombre de personnes, l’âge des enfants s’il y en a. On regarde les marées de ces jours-là, on te dit lequel se prête le mieux aux grottes, puis on te propose une coque et un parcours. Rien n’est engagé avant que tu aies dit oui.
All To Phuket organise, coordonne et met en relation ; chaque prestation est fournie par le prestataire local. Les règles d’accès au parc national d’Ao Phang Nga relèvent des autorités thaïlandaises et peuvent évoluer. Informations vérifiées le 24 septembre 2026.
Quelles dates, et qui monte à bord ?
Dis-nous quand tu es en Thaïlande et avec qui tu voyages. On lit les marées de ta période, on te dit quel jour ouvre les grottes, et on te propose le bateau qui correspond à ce que tu veux voir.