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Les cascades de Phuket : elles sont quatre

Ouvrez trois guides français sur Phuket. Vous y lirez Bang Pae, souvent Ton Sai, parfois Kathu. La quatrième ne figure nulle part : elle tombe au-dessus d'une plage de la presqu'île de Panwa, l'accès est libre, et à peu près personne n'y va.

Où elles sont, et pourquoi on n'en compte que trois d'habitude

Deux cascades au nord-est, dans la réserve de Khao Phra Thaeo. Deux au sud, sans guichet ni barrière. Le nord est documenté, le sud beaucoup moins, et c'est toute l'explication du malentendu.

Phuket est une île de plages, et ses cascades vivent dans l'ombre de ses plages. Le massif forestier du nord-est en abrite deux, Bang Pae et Ton Sai, séparées d'environ vingt minutes de route et réunies dans la même réserve. Ce sont celles que tout le monde cite, parce qu'elles ont une entrée, un parking, une signalétique.

Les deux autres n'ont rien de tout ça. Kathu se glisse dans un vallon derrière Patong, on y entre comme dans un chemin de quartier. Ao Yon se cache dans la pente au-dessus de la baie du même nom, du côté de Panwa, à cinq cents mètres du bord de mer et signalée par un panneau que la végétation a presque effacé. Pas de guichet, donc pas de fiche, donc pas de mention. Voilà comment quatre cascades deviennent trois dans la plupart des guides, et parfois deux.

Bang Pae et Ton Sai : un seul billet, les deux le même jour

Elles appartiennent à la même réserve. Le billet acheté à l'entrée de l'une vous fait entrer à l'autre dans la même journée, à condition de le garder sur vous.

C'est l'information la plus utile de cette page, et on ne la trouve nulle part en français. Chaque semaine, des visiteurs quittent Bang Pae en pensant que Ton Sai sera une seconde dépense, alors qu'ils ont déjà payé. Gardez le ticket dans la poche, pas dans la voiture.

Bang Pae est la plus large des quatre et la plus généreuse en eau. Elle tombe en nappe dans un bassin naturel où l'on se baigne, elle est courte à atteindre depuis le parking, et c'est celle qu'on emmène voir quand on n'a qu'une cascade à montrer. Ton Sai, plus haut vers Thalang, joue une autre partition : plus petite, plus intime, adossée à un morceau de forêt primaire où l'ombre est dense et l'air sensiblement plus frais qu'au bord de mer.

Un sentier de forêt relie les deux à travers le massif, pour qui veut marcher plutôt que reprendre la route. Son état change avec la saison : renseignez-vous à l'entrée le jour même plutôt que sur une page écrite six mois plus tôt.


À côté de Bang Pae

À quelques pas de l'entrée, un centre de réhabilitation de gibbons occupe la lisière de la forêt. On les entend souvent bien avant de les apercevoir : leur chant porte à des centaines de mètres et traverse la canopée au petit matin. Beaucoup de visiteurs enchaînent les deux dans la même heure.

Kathu, à dix minutes de Patong

La plus facile à caser dans une journée déjà remplie. Accès libre, pas de guichet, et une succession de petites vasques où l'on marche dans l'eau.

Depuis Patong, on passe la colline et on y est. Kathu, c'est une succession de ressauts, des rochers plats et des bassins à mi-mollet où les familles s'installent le week-end. Elle a surtout un avantage que les trois autres n'ont pas : elle est à portée immédiate des plages de l'ouest. Une fin de matinée suffit.

C'est aussi la plus fréquentée par les habitants de l'île, ce qui change l'ambiance : on y vient en famille, avec de quoi manger, et on y passe la journée sans programme. Si vous cherchez ce que font les gens d'ici un dimanche, la réponse est là.

Ao Yon, celle dont personne ne parle

Sur la presqu'île de Panwa, au sud de Phuket Town, une cascade à deux paliers tombe dans la jungle à cinq cents mètres de la plage. L'accès est libre. Aucun guide francophone ne la mentionne.

On y accède par un soi étroit qui part de la route côtière, entre Ao Yon et Khao Khad. Un panneau décoloré marque le départ du chemin, et il se rate facilement : c'est probablement la raison pour laquelle l'endroit est resté à l'écart. Au bout, il n'y a rien. Pas de vendeur, pas de sanitaires, pas de parking aménagé. Juste le sentier, puis l'eau.

C'est exactement ce qui en fait le lieu le plus intéressant des quatre pour qui aime arriver quelque part sans y trouver du monde. Un conseil qui compte plus qu'ailleurs : des chaussures fermées, qui accrochent. La roche est glissante, la boue entre les pierres l'est encore plus, et des sandales transforment la montée en exercice d'équilibre.

Panwa se prête bien à une demi-journée complète : la cascade le matin, la baie d'Ao Yon ensuite, et la pointe de Khao Khad pour la vue sur la baie de Chalong au retour.

Septembre à décembre : le moment où elles donnent tout

C'est la fenêtre qui suit la saison des pluies. Le débit est à son maximum, les bassins sont pleins, et la forêt atteint un vert qu'elle n'a à aucun autre moment de l'année.

Si vous avez le choix de vos dates et que les cascades comptent dans votre séjour, visez ces quatre mois. Octobre et novembre sont particulièrement beaux : l'eau est forte, la lumière traverse une canopée gorgée d'humidité, et la fréquentation n'a pas encore atteint celle de la haute saison. Un détail vaut mieux que le calendrier, d'ailleurs : ce sont les pluies des trois ou quatre derniers jours qui décident du débit, bien plus que le mois.

Le reste de l'année a ses propres arguments, et ils n'ont rien à voir. La marche en forêt devient le cœur de la sortie : les sentiers sont secs, la roche accroche, on progresse sans surveiller ses appuis. Sous les arbres, il fait plusieurs degrés de moins qu'au bord de mer, l'eau est limpide, et on a souvent les bassins pour soi. C'est aussi la meilleure période pour emmener des enfants, parce que tout devient plus praticable.

Dans les deux cas, la bonne heure est la même : tôt. La forêt se réveille, la lumière est basse, et vous croisez la moitié moins de monde qu'en milieu de journée.

Comment organiser la journée

Les quatre cascades ne se visitent pas de la même façon. Deux se font en scooter sans y penser, deux méritent qu'on y consacre une vraie demi-journée.

Depuis les plages de l'ouest

Kathu se fait en scooter depuis Patong, Kata ou Karon, sans préparation. Pour Bang Pae et Ton Sai, la route grimpe et traverse toute l'île : avec un chauffeur, on enchaîne les deux sans compter les kilomètres ni chercher le retour de nuit.

Depuis Phuket Town ou Rawai

Ao Yon est à portée. La route de Panwa longe la mer, elle est belle, et la cascade s'associe naturellement à l'aquarium de la pointe ou à un déjeuner au bord de l'eau.

Ce qu'on emporte

Des chaussures fermées, de l'eau, un anti-moustique. Et un sac étanche léger : sous la canopée, une averse arrive vite et repart aussi vite.

Questions fréquentes sur les cascades de Phuket

Combien y a-t-il de cascades à Phuket ?
Quatre. Bang Pae et Ton Sai, toutes les deux dans la réserve de Khao Phra Thaeo, au nord-est de l'île. Kathu, à l'arrière de Patong. Et Ao Yon, sur la presqu'île de Panwa, au sud. La plupart des guides francophones n'en citent que deux ou trois : Ao Yon est presque toujours oubliée.
Faut-il payer deux fois pour voir Bang Pae et Ton Sai ?
Non. Les deux cascades appartiennent à la même réserve, et le billet pris à l'une donne accès à l'autre le même jour. Il suffit de le garder sur soi jusqu'au second guichet. Comptez une vingtaine de minutes de route entre les deux : c'est une demi-journée très confortable, et beaucoup de visiteurs repartent après la première sans savoir qu'ils avaient déjà payé la seconde.
Quelle est la meilleure période pour voir les cascades de Phuket ?
De septembre à décembre. C'est la fenêtre qui suit la saison des pluies : le débit est à son plus fort, la forêt est d'un vert qu'elle n'a pas le reste de l'année, et les bassins se remplissent. Plus précisément encore, ce sont les pluies des derniers jours qui font la différence, davantage que le mois inscrit au calendrier. Le reste de l'année, on y vient pour la marche en forêt, la fraîcheur sous les arbres et le calme, avec des pierres bien plus faciles à négocier.
Peut-on se baigner dans les cascades de Phuket ?
Bang Pae est la plus large des quatre et son bassin naturel est celui où l'on se met à l'eau le plus volontiers. Ton Sai et Kathu offrent des vasques peu profondes, plus faites pour s'asseoir et se rafraîchir que pour nager. Ao Yon se regarde surtout. Dans tous les cas, la roche mouillée est glissante : des chaussures fermées comptent davantage que le maillot.
Comment se rendre aux cascades depuis Patong ou Kata ?
Kathu est la plus proche de Patong, juste derrière la colline, et se fait facilement en scooter. Bang Pae et Ton Sai se trouvent au nord-est, à une trentaine de kilomètres des plages de l'ouest, sur des routes qui grimpent : si vous enchaînez les deux dans la journée, une voiture avec chauffeur rend la journée nettement plus tranquille. Ao Yon, au sud de Phuket Town, se rejoint par la route côtière de Panwa.

On vit sur l'île et on y roule toute l'année. Dites-nous vos dates : on vous dit laquelle des quatre vaut le déplacement cette semaine-là, et on cale le scooter ou le chauffeur avec le reste du séjour.